Effet des édulcorants sur le métabolisme du glucose

Résumé effectué par :

Cyrille GALLOIS, Diététicien Nutritionniste (91), le 23/03/2020

Bibliographie utilisée :

  1. Samar Y Ahmad, James K Friel, Dylan S Mackay, Effect of sucralose and aspartame on glucose metabolism and gut hormones, Nutrition Reviews. 2020 Feb 17
  2. Michelle Pearlman, Jon Obert et Lisa Casey, The Association Between Artificial Sweeteners and Obesity, Curr Gastroenterol Rep (2017) 19: 64
  3. Évaluation des bénéfices et des risques nutritionnels des édulcorants intenses, Anses, Janvier 2015

Mot clés

édulcorant, insuline, satiété, glucide, glycémie, aspartame, stevia, sucralose, acésulfame K

Article

La prévalence du diabète et de l’obésité a augmenté durant ces dernières décennies. L’utilisation de produits édulcorés est proposée comme un moyen de limiter l’apport en sucre ajouté diminuant ainsi les apports caloriques. Il existe deux familles d’édulcorant (tableau 1) :

  • Les édulcorants de synthèse comme l’aspartame, sucralose ou acésulfame pour les plus utilisés en France.
  • Les édulcorants issus de plantes comme le stévia ou plus récemment le Luo Han Guo ou fruit du moine (monk fruit) un fruit asiatique employé en médecine chinoise depuis des siècles mais encore interdit dans l’union européenne mais autorisé aux USA et au canada.

Leurrer ses papilles ne risque t il pas de perturber la régulation de la glycémie ? Nous allons répondre à cela dans l’état actuel des recherches.

La dernière revue de presse française a été faite en 2015 par l’anses (4). En février 2020, l’équipe canadienne du Dr Ahmad publie dans Nutrition reviews (1), un état des lieux concernant l’aspartame et le sucralose. En novembre 2017, l’équipe texane du Dr Pealman publie un article sur les effets des édulcorants chez les obèses (3).

On distingue plusieurs approches. Dans une premier temps administration d’édulcorant unique suivi d’une cinétique de mesure de l’insuline, du peptide C, du GLP-1, du GPI circulants et de la glycémie. Certaines études ajoutent un test de tolérance au glucose. La majorité des études ont été effectuées chez le bien portant montrant des résultats disparates où il est difficile de conclure du fait des différences de protocole. En moyenne, il semble ne pas y avoir d’effet sur aucun des facteurs cités. Un faible nombre d’études concernent les personnes ayant un syndrome métabolique. Une étude en particulier où des jeunes ayant un DID, des personnes avec un DNID et des bien portants absorbent un soda contenant du sucralose ou du saccharose. On voit dans cette étude une augmentation de 43% chez les DID, de 34% chez le bien portant et aucune modification chez les DNID de la quantité de GLP-1 pour la consommation de boissons contenant le sucralose par rapport à celle contenant du sucre. Chez l’obèse, 2 études contradictoires montrent pour l’une augmentation de la glycémie postprandiale lors de l’ingestion de sucralose alors que la seconde ne voit aucun effet sur ce paramètre avec la stevia et l’aspartame. Cela tendrait à montrer que la réponse aux édulcorants dépendrait du contexte métabolique de la personne et de l’édulcorant utilisé.

La seconde approche étudie les effets de l’ingestion répétée des édulcorants. Dans ces études, il est mesuré la glycémie, l’insuline et le peptide C circulant ainsi que l’HbA1c. Certaines ajoutent le profile lipidique et l’effet sur le poids corporel et l’ingestion calorique. Encore une fois la conclusion est difficile aux vues de la disparité des résultats. Cependant, il semble n’y avoir aucun effet des édulcorants sur la glycémie et l’insuline circulante. Par ailleurs, concernant l’ingestion calorique, l’anses avait déjà suggéré que les édulcorants n’avaient pas d’effet sur la perte de poids et pouvait avoir un effet sur la prise. Cela est confirmé et préciser. Lorsque la personne ne sait pas qu’elle prend des édulcorants elle compense naturellement ces apports caloriques en fonction de ses besoins. A contrario, lorsque la personne sait qu’elle consomme des produits allégés, elle augmente naturellement ses apports et dépasse ses besoins.

Conclusion

En l’état actuel de la recherche, il est difficile de conclure sur l’intérêt des édulcorants en particulier chez l’obèse et le diabétique. Cependant, il semble que la prise consciente des édulcorants augmenterait l’apport calorique spontanée.

Nom Dénomination Pouvoir sucrant par rapport au sucre DJA mg/kg de PC Origine
Acesulfame K E950 200 fois 9 Synthèse
Advantame E969 30 000 fois 5 Synthèse
Aspartame E951 200 fois 40 Synthèse
Cyclamate E952 30-50 fois 7 Synthèse
Luo Han Guo Non autorisé 150-200 fois N/A Plante
Neohspéridine E959 400-600 fois 5 Synthèse
Neotame E961 8 000 fois 2 Synthèse
Saccharine E954 300-500 fois 5 Synthèse
Steviol E960 200-300 fois 4 Plante
Sucralose E955 600 fois 15 Synthèse
Thaumatine E957 2000 à 3000 fois N/A Protéine

Tableau 1 : les édulcorants : DJA :  Dose journalière autorisée, PC : Poids corporel

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