Intestin irritable et obésité : les liens

Article écrit par Cyrille GALLOIS, Diététicien Nutritionniste (91)

Bibliographie utilisée :

  1. Gabriella Pugliese et collaborateurs, Irritable bowel syndrome: a new therapeutic target when treating obesity?, Hormones (Athens). 2019 Dec;18(4):395-399
  2. Alexander C Ford et collaborateur, Irritable bowel syndrome, N Engl J Med 2017; 376:2566-2578
  3. Martin Aasbrenn et collaborateurs Prevalence and predictors of irritable bowel syndrome in patients with morbid obesity: a cross-sectional study, BMC Obesity (2017) 4:22

Mot clés :

Syndrome d’intestin irritable, obésité, alimentation, inflammation, index de masse corporelle

Le syndrome d’intestin irritable (SII) est une inflammation chronique du système intestinale sans aucune anomalie structure et biochimique observable. Il se caractérise par des douleurs intestinales récurrentes associées à une perturbation de la fréquence et/ou de la consistance des selles. Ces modifications peuvent être accompagnées de douleurs lors de l’exonération et/ou de ballonnement et flatulences. Ce syndrome, touchant 7% de la population en Europe, n’a pas de conséquence à long terme sur la santé mais engendre un inconfort de vie. L’étiologie de la maladie n’est pas totalement connue (figure 1). Les facteurs favorisant son apparition sont multiples : la dépression et l’anxiété aussi bien que le régime alimentaire que la génétique semblent impliqués. Un relâchement des jonctions serrées et/ou une perturbation de la flore microbienne intestinale sont alors observés, favorisant le passage de substances habituellement filtrées contribuant au recrutement de cellules inflammatoires au niveau de la muqueuse intestinale. Parfois, le SII s’accompagne d’une perturbation de l’axe du gout dans le cerveau (2).


Figure 1 :  Étiologie de l’apparition du syndrome d’intestin irritable.

L’équipe norvégienne des hôpitaux d’Oslo et d’Innlandet lors de l’arrivée de 603 patients en obésité morbide avant la chirurgie bariatrique caractérise la présence de SII (3). Il apparait que le SII serait 3 fois plus fréquent. Cette étude a été confirmée en Suède mais infirmée en Nouvelle Zélande probablement dû à une cohorte assez jeune. Cependant, comme chez l’adulte, la prévalence est plus élevée chez l’enfant obèse que dans la population générale Le SII touche majoritairement les femmes d’âge moyen chez l’obèse comme dans la population générale.

Ce constat ne permet pas de répondre à la question est-ce l’obésité qui provoque le SII ou l’inverse. Pour partiellement répondre à cette question des études ont été faites sur l’effet de la perte de poids sur le SII. Les symptômes de la SII sont diminués suite à un régime hypocalorique de 6 mois ou suite à une chirurgie bariatrique. Ces résultats peuvent suggérer un lien entre le poids et le SII mais ne permettent pas d’exclure que le changement des habitudes alimentaires y participe. En effet, il a été montré que les fibres insolubles, les saccharides fermentescible (FODMAPS) favorisent le ballonnement et les douleurs intestinales (figure 2). De plus la présence de graisse viscérale connue comme glande endocrine produit des cytokines pros inflammatoires rendant plus sensible les terminaisons nerveuses intestinales mais également la dégranulation des mastocytes amplifiant la voie histaminique. L’anxiété, le stress et la dépression favorisent la production de cortisol augmentant aussi la sensibilité des neurones de la douleur par l’intermédiaire du système nerveux autonome. Ces facteurs sont plus présents chez les obèses. Enfin, la modification de la flore intestinale connue chez l’obèse participe également à l’amplification du SII.

Figure 2 : Physiopathologie du syndrome d’intestin irritable

Conclusion :

Même si la physiopathologie du SII n’est pas totalement expliquée, les premiers éléments font apparaître que le patient obèse aurait de nombreux facteur favorisant le SII pouvant expliquer une prévalence supérieure.

Effet des édulcorants sur le métabolisme du glucose

Résumé effectué par :

Cyrille GALLOIS, Diététicien Nutritionniste (91), le 23/03/2020

Bibliographie utilisée :

  1. Samar Y Ahmad, James K Friel, Dylan S Mackay, Effect of sucralose and aspartame on glucose metabolism and gut hormones, Nutrition Reviews. 2020 Feb 17
  2. Michelle Pearlman, Jon Obert et Lisa Casey, The Association Between Artificial Sweeteners and Obesity, Curr Gastroenterol Rep (2017) 19: 64
  3. Évaluation des bénéfices et des risques nutritionnels des édulcorants intenses, Anses, Janvier 2015

Mot clés

édulcorant, insuline, satiété, glucide, glycémie, aspartame, stevia, sucralose, acésulfame K

Article

La prévalence du diabète et de l’obésité a augmenté durant ces dernières décennies. L’utilisation de produits édulcorés est proposée comme un moyen de limiter l’apport en sucre ajouté diminuant ainsi les apports caloriques. Il existe deux familles d’édulcorant (tableau 1) :

  • Les édulcorants de synthèse comme l’aspartame, sucralose ou acésulfame pour les plus utilisés en France.
  • Les édulcorants issus de plantes comme le stévia ou plus récemment le Luo Han Guo ou fruit du moine (monk fruit) un fruit asiatique employé en médecine chinoise depuis des siècles mais encore interdit dans l’union européenne mais autorisé aux USA et au canada.

Leurrer ses papilles ne risque t il pas de perturber la régulation de la glycémie ? Nous allons répondre à cela dans l’état actuel des recherches.

La dernière revue de presse française a été faite en 2015 par l’anses (4). En février 2020, l’équipe canadienne du Dr Ahmad publie dans Nutrition reviews (1), un état des lieux concernant l’aspartame et le sucralose. En novembre 2017, l’équipe texane du Dr Pealman publie un article sur les effets des édulcorants chez les obèses (3).

On distingue plusieurs approches. Dans une premier temps administration d’édulcorant unique suivi d’une cinétique de mesure de l’insuline, du peptide C, du GLP-1, du GPI circulants et de la glycémie. Certaines études ajoutent un test de tolérance au glucose. La majorité des études ont été effectuées chez le bien portant montrant des résultats disparates où il est difficile de conclure du fait des différences de protocole. En moyenne, il semble ne pas y avoir d’effet sur aucun des facteurs cités. Un faible nombre d’études concernent les personnes ayant un syndrome métabolique. Une étude en particulier où des jeunes ayant un DID, des personnes avec un DNID et des bien portants absorbent un soda contenant du sucralose ou du saccharose. On voit dans cette étude une augmentation de 43% chez les DID, de 34% chez le bien portant et aucune modification chez les DNID de la quantité de GLP-1 pour la consommation de boissons contenant le sucralose par rapport à celle contenant du sucre. Chez l’obèse, 2 études contradictoires montrent pour l’une augmentation de la glycémie postprandiale lors de l’ingestion de sucralose alors que la seconde ne voit aucun effet sur ce paramètre avec la stevia et l’aspartame. Cela tendrait à montrer que la réponse aux édulcorants dépendrait du contexte métabolique de la personne et de l’édulcorant utilisé.

La seconde approche étudie les effets de l’ingestion répétée des édulcorants. Dans ces études, il est mesuré la glycémie, l’insuline et le peptide C circulant ainsi que l’HbA1c. Certaines ajoutent le profile lipidique et l’effet sur le poids corporel et l’ingestion calorique. Encore une fois la conclusion est difficile aux vues de la disparité des résultats. Cependant, il semble n’y avoir aucun effet des édulcorants sur la glycémie et l’insuline circulante. Par ailleurs, concernant l’ingestion calorique, l’anses avait déjà suggéré que les édulcorants n’avaient pas d’effet sur la perte de poids et pouvait avoir un effet sur la prise. Cela est confirmé et préciser. Lorsque la personne ne sait pas qu’elle prend des édulcorants elle compense naturellement ces apports caloriques en fonction de ses besoins. A contrario, lorsque la personne sait qu’elle consomme des produits allégés, elle augmente naturellement ses apports et dépasse ses besoins.

Conclusion

En l’état actuel de la recherche, il est difficile de conclure sur l’intérêt des édulcorants en particulier chez l’obèse et le diabétique. Cependant, il semble que la prise consciente des édulcorants augmenterait l’apport calorique spontanée.

Nom Dénomination Pouvoir sucrant par rapport au sucre DJA mg/kg de PC Origine
Acesulfame K E950 200 fois 9 Synthèse
Advantame E969 30 000 fois 5 Synthèse
Aspartame E951 200 fois 40 Synthèse
Cyclamate E952 30-50 fois 7 Synthèse
Luo Han Guo Non autorisé 150-200 fois N/A Plante
Neohspéridine E959 400-600 fois 5 Synthèse
Neotame E961 8 000 fois 2 Synthèse
Saccharine E954 300-500 fois 5 Synthèse
Steviol E960 200-300 fois 4 Plante
Sucralose E955 600 fois 15 Synthèse
Thaumatine E957 2000 à 3000 fois N/A Protéine

Tableau 1 : les édulcorants : DJA :  Dose journalière autorisée, PC : Poids corporel

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Le réseau ROMDES présent à la journée Nutrition organisé à Grigny

Toute l’équipe du réseau Romdes s’est mobilisée autour de Madame Chiraz SOW, Responsable du service Prévention et médiation santé de la ville de Grigny, afin d’organiser et animer l’événement santé en direction des professionnels de Grigny.

Cette journée du vendredi 30 novembre au Centre Social Pablo Picasso a été orientée sur la thématique « nutrition » et plus particulièrement « la notion de parcours santé en nutrition ».

De nombreux partenaires ressources étaient présents pour accompagner Grigny et le réseau ROMDES dans cette journée (Revesdiab, MEDIS-Grigny, l’association la Source , le CCAS de Grigny, Repop, APA de Géant, CMS Courcouronnes, la maison des enfants et de la nature, la société Bergams…).

La journée a été riche d’échanges sur les thèmes de l’équilibre alimentaire, du bien manger, du bien bouger…. Tous les sujets ont put être abordé : le budget, la multi-culturalité, .les adolescents, la définition de l’activité physique au quotidien….

Un déjeuner a ensuite permis d’augmenter leséchanges entre tous les intervenants.

La seconde partie de la journée a laissé place aux  interventions portant sur l’approche parcours en nutrition avec un travail de groupe sur des cas  pratiques/cas réel.

 

L’objectif étant de savoir comment orienter vers les bons interlocuteurs mais surtout comment travailler ensemble sur des parcours coordonnés et de pouvoir identifier les ressources sur le territoire

Le lendemain, la journée était réservée aux habitants de Grigny.

Une très belle initiative de la ville de Grigny, et notamment de Chiraz SOW, de Cécilia MASSELLI, Coordinatrice ASV et CLSM,  et de Monsieur Saïd SEDDOUKI, Directeur de l’action sociale. A refaire l’année prochaine ?